Au restaurant universitaire

Des cheminées du self monte une odeur de ronces
l’entrée est gratuite
on s’introduit par la fenêtre brisée
on vient l’estomac vide et gargouillant
on se rassasie de gravas de rêves
d’éboulis de discussions
de canettes de souvenirs
là-haut
le plafond laisse s’envoler le bruissement de la friche
il n’y a plus que la poussière qui fait la queue
et le néon du soleil qui éclaire la grande salle
où donc se trouve le sel demande-t-on aux fantômes
et qu’y a-t-il au menu
outre les salades de dope
les bières chaudes
et les gratins d’goudron
il paraît que les murs
servent des tessons de peinture
dites donc
on reprendrait bien un dessert au béton
mais où sont-ils maintenant
où sont-ils
les étudiants d’hier
que sont-ils devenus
que font-ils
avec qui baisent-ils
que mangent-ils dans leurs selfs d’entreprise
et pourquoi ont-ils des insomnies
alors qu’il suffit de revenir ici
de lever les yeux
et de voir
à travers les poutres de fer
brûler les étoiles
dans le fournil de la nuit
2017 espana002
Dessin : Bertolao

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    1. Lukaz Nedeleg

      Oui Claude… entre deux songes, ils reviennent prendre quelques frites supplémentaires.

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