Demain ?

Il y aura peut-être un jour où le dernier minerai d’uranium sera arraché par les dents de nos esclaves. La dernière goutte de pétrole, aussi, sera bue dans un verre de schiste. Notre mémoire subsistera dans les plis circuités de serveurs-hangards hagards. Nous lirons nos derniers livres en épuisant les flammes, bougies, lumières lunaires qui voudront bien percer notre nuit. Par défaut, nous arrêterons de tenter d’éclairer le dessus de nos avenues comme si le ciel n’était qu’un plafond comme un autre. Peut-être reverrons-nous alors les étoiles rondes qui ont toujours surplombé nos squares carrés. Peut-être les regarderons-nous de nouveau.
Ça ne sera pas bien, pas mieux, malheureusement ça sera juste ainsi. Il ne nous restera qu’à boire le jus alcoolisé des blés restants. Et nous danserons, sur les trottoirs fendus, les pieds burinés de bitume, nous danserons au son d’une techno de cuivre, de peau, de mains frappés contre les corps, nous danserons parce que nous n’aurons plus que nos jambes pour générer des watts, plus que nos oreilles pour remplacer le placenta des enceintes, plus que l’écran de nos yeux pour voir, plus que la caisse de nos troncs, de nos os, de notre moelle pour dire merde au vide, nous qui avons dépensé notre histoire à vouloir remplir la béance du hasard qui nous a vu naître.
Ça ne sera pas bien, pas mieux, mais heureusement les néons grésillent encore pour nos traînées urbaines. Nous sommes aujourd’hui, intensément. Nos tympans peuvent exploser tranquille au flot montant des décibels. Nous traînons dans le lit de sel de notre adolescence.
Demain ? Danse. On verra plus tard.

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