Entre-deux

Soit je bouffe jusqu’à crever, soit j’avale rien à cause de la gerbe. Soit c’est café, soit c’est verveine. Soit on sauve le monde, soit on en a rien à foutre. Soit on croque la nuit, avec trois grammes dans la poche, soit c’est chacun chez soi dans sa chambre à vingt-deux heures.
Les radicalités me fatiguent. Rendez-nous nos entre-deux. Un gars philosophe a écrit que nous étions des êtres intenses. Moi je dis qu’on en sait rien, comme d’habitude. On construit de nouvelles cathédrales avec des bouts d’allumettes.
La seule chose que je sais, c’est que la nuit vient faucher le ciel un peu plus tôt tous les soirs. Et je n’ai jamais connu tes bras mais mon corps a la mémoire du tien, comme un vieux fleuve qui a appris de la crue.
Mes mots mélangent tout. Je m’en fous un peu parce que je les balance au feu. Bûches qui sèchent dans l’appentis de ma tête depuis des semaines. Bientôt, elles braiseront. J’attends leur sourire d’enfer. Des armes de cendre contre la peur du noir.
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