Les dormeurs

En bas de la falaise
chalutier fait des vagues
le gars relève ses casiers

quelques cailloux au-dessus
nous dansons comme des araignées de mer
pattes déployées sur les mottes de terre
antennes au vent
dans le courant des décibels

notre panier semble immense
champ bac-à-sable
gardé par des kilos de watt
semé de packs de bière
de bouteilles d’eau écrasées par nos assèchements
de pulls trop fins pour le crachin
et de graines de fuck
arrosées d’urine à la MDMA

pince-moi dormeur
pour ne pas que le froid me prenne
pour ne pas que le sel me ronge
pince-moi
je ne veux pas m’assoupir
pour me réveiller tout à l’heure
dans la glace de la poissonnerie du bourg
pince-moi
pour ne pas que les trous dans ma tête
deviennent des abysses

en bas de la falaise
chalutier tousse son gazoil
le gars s’en va

a-t-il fait bonne pêche
y a-t-il encore
des langoustines qui dansent sous l’eau
continuerons-nous
à nous manger les joues
à jouer dans des prisons de cordes
dont nous avons noué les murs
et les casiers de nos nuits
valent-ils vraiment de l’or
(c’est le dealer qui me l’a dit)

ce matin-là
les réponses gisent
dans l’épaisseur de la brume

crabe-de-Lune va muer

trouvez-moi
une autre carapace

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