Marées
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Genre : Théâtre de récit / conte contemporain

Format : solo pour un comédien

Lieux : lieux non-conventionnels, intérieur et extérieur

Durée : 50 min (durée envisagée)

Public : à partir de 9 ans, tout public

Calendrier : écriture en 2025, première en 2026

seul-en-scène polyphonique à propos d’une controverse

La Compagnie Safar initie la production d’un nouveau spectacle, Marées, répondant à la proposition du projet FIL-AV (La fabrication d’informations publiques locales sur les algues vertes) financé par le consortium rennais IRIS-E, à propos des marées vertes en Bretagne. Le texte est écrit par une chercheuse-dramaturge membre du laboratoire Arènes (Université Rennes 2), Clémence Hallé. Il est également suivi par des membres du projet de l’Agence Nationale de la Recherche Greenseas.

Dans une perspective associant les arts vivants aux sciences humaines, le projet s’inscrit dans une démarche hybride visant à faire de l’acte dramaturgique un acte de médiation et de discussion autour des controverses socio-écologiques.

production du spectacle

La création du spectacle Marées est au début de sa phase de production. La Compagnie Safar, en ce début d’année 2025, multiplie les prises de contact pour consolider le projet, via des coproductions, des accueils en résidence et des pré-achats de représentations.

Coproduction : projet de recherche FIL-AV, via le Laboratoire Arènes à l’Université Rennes 2 et le consortium rennais IRIS-E.

équipe du spectacle

écriture | Clémence Hallé (biographie ci-dessous)
mise en scène | Gloria de Belén Riquelme
interprétation | Lukaz Nedeleg
chorégraphie | Cécile Borne
costumes | en cours
dispositif scénographique | en cours

diffusion | Erwan Yvenou, Big Bravo Spectacles

intentions

Le spectacle Marées est un conte contemporain sur une question vive, celle du conflit entre agriculteurs et écologistes à propos de la présence de marées vertes sur les plages bretonnes depuis les années 1970. Il s’appuie sur un territoire et un événement précis, la Baie de Douarnenez en Finistère sud et le double rassemblement qui s’est déroulé en 2010 sur la plage de Sainte-Anne-la-Palud, un contre les algues vertes, un contre leurs militants. À partir de cet événement quasi dramaturgique, le propos s’élargit aux controverses environnementales au sens large, et pose un regard actualisé sur les conflits qui traversent les différents mondes sociaux.

de l’ethnographie à la dramaturgie

Marées est écrit à partir de documents de recherches, notamment une ethnographie des acteurs des deux rassemblements effectuée entre 2023 et 2024 par l’autrice. Elle élabore le script à partir d’entretiens qu’elle a réalisés, mais aussi de photographies, vidéos et supports de communication qu’elle a collectés, afin de reconstituer le déroulé ou l’ambiance de la double manifestation. L’autrice procède par montage, juxtaposant les éléments pour augmenter ou diminuer le sens dramatique de tel ou tel discours. Elle effectue ainsi des sélections de figures et de personnages, dont elle peaufine le caractère au plateau avec l’interprète et la metteuse en scène.

Aux archives départementales des Côtes d’Armor, elle a par exemple retrouvé celles du “clown contre les algues vertes” Jean Kergrist, connu pour avoir été successivement “clown du nucléaire”, “clown agricole”, ou clown dans toutes les manifestations environnementales que l’on pouvait retrouver le long du canal de Nantes à Brest, depuis les années 70 jusqu’à la zad de Notre-Dame-des-Landes.
marées noires, marées vertes

marées noires, marées vertes

Dans Marées, le clown relie les luttes entre elles, et c’est finalement une histoire de la lutte écologiste en Bretagne que l’on peut raconter à travers lui et les algues vertes. Les marées vertes surviennent en effet presque en même temps que les marées noires, avec le Torrey Canyon en 1967 ou l’Amoco Cadiz en 1978. Qu’elles soient noires ou vertes, elles surgissent sur les plages et forcent les bretons à prendre en considération les enjeux environnementaux.

Le spectacle pose finalement des défis d’écriture, mais aussi de jeu, qui sont concomitants aux questions de recherche. Comment rendre compte auprès du public d’une situation que tout le monde sait brûlante, tout en s’immisçant à l’intérieur d’une scène qui en dramatise le conflit ? À travers des voix multiples, dans un seul-en-scène polyphonique, Marées cherche à explorer les conséquences du régime de la post-vérité, actuellement plébiscité dans les médias internationaux, sur la qualité du débat public.

une méthode de dramaturgie active

Une fois le texte arrêté, la méthode de travail utilisée est celle de la dramaturgie active. Dans le texte, rien de sera donné pour explicite, évident, ou donné d’avance. Il s’agit de tenter de comprendre le mouvement de la pensée à travers la ponctuation, les motifs qui se répètent, le jeu des sons, des rythmes, les images déployées pour préciser notre enquête artistique, nourrie par toutes sortes d’influences. L’enquête fait feu de tout bois, errant entre l’intuitif et le rationnel.

Scéniquement, l’utilité de la dramaturgie active n’est pas de trouver des solutions fixes et permanentes ou de prendre des décisions péremptoires, mais bien de lever des invisibles, des hypothèses, des possibilités de jeu.

Notre première intuition scénique consiste à faire porter par l’acteur différentes voix historiques, scientifiques et politiques. Nous désirons jouer avec la sensibilité des mots, des propos, des récits ou des points de vue, et avec toutes les matières qui composent les frictions humaines. Une deuxième intuition sera d’axer le travail de création autour de la corporalité de l’acteur, de la chorégraphie et la singularité de ses mouvements, ainsi que des pulsations créées par son jeu.

biographie de Clémence Hallé, autrice

Clémence Hallé est actuellement post-doctorante sur les interactions entre les controverses environnementales et les performances artistiques avec le projet FIL-AV (la Fabrique de l’Information Locale autour des Algues vertes), lauréat du consortium rennais IRIS-E (Interdisciplinary Research & Innovative Solutions for Environmental transition). Elle a obtenu son doctorat à l’École Normale Supérieure de Paris, au sein du laboratoire SACRe (Sciences, Arts, Création, Recherche), avec une thèse sur l’histoire esthétique de l’Anthropocène mais aussi en tant qu’autrice au sein de la Lighthouse Company. Elle a notamment écrit le solo Matters, interprété par le comédien Duncan Evennou, qui rejoue les discours inauguraux du groupe de géologues étudiant l’Anthropocène sur un plateau de théâtre. Clémence Hallé poursuit ainsi les recherches sur la représentation écologique qu’elle a entamées sous la direction de Bruno Latour, en prenant comme terrain d’étude son Programme SPEAP (Programme d’expéri-mentation en arts et politiques de Sciences Po) dirigé par Frédérique Aït-Touati.

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Photos : Les indigènes du 7ème continent – exposition de Cécile Borne, Jean Kergrist, Nina Coad.

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