Marées
Visuel Marées carré
  • le 13 Mar 2026 à 11h00, à [sortie de résidence] Le Strapontin - Pont-Scorff (56)
  • le 03 Jun 2026 à 14h30, à [sortie de résidence] Lycée St-Joseph - Landerneau (29)
  • le 16 Jun 2026 à 14h30, à [sortie de résidence] MJC - Douarnenez (29)

Genre : Théâtre de récit

Format : solo pour un comédien

Lieux : lieux conventionnels et non-conventionnels, intérieur et extérieur

Durée : 55 min (durée envisagée)

Public : à partir de 9-10 ans, tout public

Calendrier : première en juin 2026, tournée en 2026-2027

dialogues impossibles

Le 19 septembre 2010, sur une plage, deux manifestations se font face.

En bas, les écologistes dénoncent les algues vertes. En haut, sur la dune, des agriculteurs contestent cette accusation. Entre les deux, une frontière invisible.

Ils partagent le même décor, face à l’océan. On se voit, on se croise parfois, on se regarde, on se trompe de camp. Mais on ne se parle pas.

Marées est un solo. Un acteur tente de rejouer cet événement, aujourd’hui, non pas pour le reconstituer fidèlement, mais pour comprendre ce qui, ce jour-là, n’a pas pu se dire. À partir d’archives, d’entretiens et de documents, il convoque dix-neuf voix. Parmi ces voix surgit celle du clown agricole.

Il cherche la justesse. Ajuste, corrige. Il recommence. Il tente. Le spectacle ne cherche ni à trancher ni à réconcilier, mais à exposer une fracture. Marées est un spectacle sur la difficulté de faire société quand le dialogue est impossible.

origine du projet

Marées naît à la croisée de plusieurs élans : une recherche scientifique sur les controverses environnementales, un territoire traversé de tensions invisibles et un désir profond de théâtre comme espace de mise en relation.

C’est dans le sillage du projet FIL-AV (Fabrique de l’Information Locale autour des Algues Vertes), porté par le laboratoire Arènes de l’Université Rennes 2 et financé par le consortium IRIS-E, que la Compagnie Safar a été sollicitée pour initier une création autour du conflit des marées vertes.

production du spectacle

Coproductions : projet FIL-AV & Laboratoire Arènes / consortium IRIS-E, Le Strapontin, L’Atelier Culturel (scène de territoire pour les arts de la piste), École Nationale Supérieure de Formation de l’Enseignement Agricole- Ministère de l'Agriculture, MJC de Douarnenez

Soutien : Au Bout du Plongeoir (Thorigné-Fouillard), École Marie Curie (Douarnenez), Lycée professionnel Saint-Joseph (Landerneau)

équipe du spectacle

écriture | Clémence Hallé (biographie ci-dessous)
mise en scène | Gloria de Belén Riquelme
interprétation | Lukaz Nedeleg
regard chorégraphique | Cécile Borne
création sonore | Étienne Chouzier
dispositif scénographique | Victor Melchy
création lumière | Nicolas Bazoge
diffusion | Erwan Yvenou, Big Bravo Spectacles
photo | Muelle Hélias

intentions artistiques

Marées repose sur un dispositif simple : un acteur seul tente de reconstruire une double-manifestation survenue en 2010.

Le spectacle ne bascule pas dans le passé, il se tient dans le présent de l’acteur qui cherche à rejouer cet événement. La manifestation devient une matière qu’il manipule, interroge et transforme.

Sur le plateau, l’acteur ne cherche pas à interpréter une galerie de personnages. Il tente de faire exister dix-neuf voix à travers une polyphonie corporelle, des variations d’énergie, déplacements, rythmes, silences. Le texte reste visible comme matériau : feuilles, archives, fragments, soulignant que le public assiste à un processus de reconstruction. Il est un brouillon vivant où le texte devient à la fois matière et objet, manipulé, posé, repris.

Parmi les voix apparaît celle du clown agricole, figure réelle de Jean Kergrist présente lors de la manifestation. Le clown n’est pas un symbole nostalgique. Il introduit un léger décalage, une manière de maintenir l’équilibre entre gravité et dérision, mémoire et présent. Il ouvre un espace où les contradictions peuvent coexister sans être résolues.

Peu à peu, la représentation se fissure. Il ne s’agit plus seulement d’incarner des points de vue. Les paroles cessent d’être incarnées, elles traversent l’acteur. Quand le langage atteint ses limites, c’est le corps qui prend le relais. Ce déplacement fait apparaître la tension intime du comédien, lui-même issu de ce territoire, descendant d’agriculteurs, pris entre différentes appartenances, touché par ce qu’il rejoue.

La scénographie reste simple et modulable : quelques objets, des drapeaux, une bouée, des maquettes, des papiers. Des traces. L’espace évoque à la fois un rivage et un atelier, un lieu où l’on tente de reconstruire un événement qui résiste au récit.

de l'ethnographie à la dramaturgie

Marées est écrit à partir de documents de recherches, notamment une ethnographie des acteurs des deux rassemblements effectuée entre 2023 et 2024 par l’autrice Clémence Hallé. Elle a élaboré le script à partir d’entretiens qu’elle a réalisés, mais aussi de photographies, vidéos et supports de communication qu’elle a collectés, afin de reconstituer le déroulé ou l’ambiance de la double manifestation. L’autrice procède par montage, juxtaposant les éléments pour augmenter ou diminuer le sens dramatique de tel ou tel discours.

biographie de Clémence Hallé, autrice

Clémence Hallé est actuellement post-doctorante sur les interactions entre les controverses environnementales et les performances artistiques avec le projet FIL-AV (la Fabrique de l’Information Locale autour des Algues vertes), lauréat du consortium rennais IRIS-E (Interdisciplinary Research & Innovative Solutions for Environmental transition). Elle a obtenu son doctorat à l’École Normale Supérieure de Paris, au sein du laboratoire SACRe (Sciences, Arts, Création, Recherche), avec une thèse sur l’histoire esthétique de l’Anthropocène mais aussi en tant qu’autrice au sein de la Lighthouse Company. Elle a notamment écrit le solo Matters, interprété par le comédien Duncan Evennou, qui rejoue les discours inauguraux du groupe de géologues étudiant l’Anthropocène sur un plateau de théâtre. Clémence Hallé poursuit ainsi les recherches sur la représentation écologique qu’elle a entamées sous la direction de Bruno Latour, en prenant comme terrain d’étude son Programme SPEAP (Programme d’expéri-mentation en arts et politiques de Sciences Po) dirigé par Frédérique Aït-Touati.

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Photos : Muelle Hélias, Jean Kergrist, Nina Coat.

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